Depuis le début de la semaine, la court de justice Californienne revoit les biens fondés de la proposition 8 (loi appliquée en Californie allant à l’encontre du mariage homosexuel pourtant mis en place des années plus tôt). Ils passent en revue les argumentaires de chaque parti. Le contexte aurait dû être télévisé, il aurait permis à de nombreux spécialistes de se ridiculiser sur la question de l’homosexualité au quotidien mais aussi de montrer le vrai visage des religieux extrémistes. Voir autant d’hypocrisie, de xénophobie et d’homophobie dans un seul procès fait peine.

Les argumentaires sont immondes et suent la frayeur suscité par l’homosexualité elle-même. Le mariage est un pretexte au final pour nous inférioriser, pour nous dégrader dans la société. Dans ce procès, la partie adverse n’est nullement impartiale et ne cherche pas la raison: elle se contente de sortir des statistiques vieilles, anti-datées, d’études conduites lorsque les gays étaient encore considérés comme mentalement atteints. Les thématiques passent au peigne fin des sujets critiques, insultants et révoltants: la stabilité des couples gays, leurs comportements en société et surtout le fait que ce soit considéré par beaucoup encore comme une maladie mentale curable.

A écouter les propos de la partie adverse, les couples hétérosexuels sont des modèles de perfections: ils ne trompent jamais, ils marchent droit, ils ont des enfants, ils font preuve de romance et sont très familiaux. Ils n’ont aucun désordre mental, le mari ne bat pas sa femme, tout est parfait dans le meilleur des mondes. Si leur attitude est à gerber, leur méconnaissance profonde du monde gay fait pleurer. J’ai pitié pour ces pauvres cons qui insultent sans chercher à comprendre, j’ai pitié pour ces enfoirés qui pensent qu’être hétéro c’est parfait, j’ai pitié pour ces boulets qui s’estiment être meilleurs, j’ai pitié pour ces batards qui se prennent pour nos supérieurs.

Il faudrait un jour faire procès pour les mariages hétérosexuels, mettre sur le tapis tous les couples mécontents de leurs engagements. Il y en aurait des choses à dire: la femme qui en a ras-le-cul de faire le ménage, de se prendre des coups, d’être traité comme une moins que rien par la société. La femme qui chiale au moment de mettre bas, la femme qui souffre. Et les hommes qui se font insulter comme des chiens lorsqu’ils ne sont pas blancs, et ces gens dans la rue qui ne demandent rien mais deviennent bouc-émissaires. Moi je vous le dis, on vit dans un monde de merde. Je ne suis ni raciste ni macho. Mais bel et bien romantique. Et j’adore regarder le ciel en me disant que demain sera sans nuages. Car vous savez, je trouve que ce qui fait plaisir, c’est de voir les gens sourire et surtout de les accepter dans leur différence.

Pour ceux qui ont du temps, vous trouverez ici les comptes rendus du procès: http://prop8trialtracker.com.

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